mercredi 31 août 2016

Baby love, de Joyce Maynard

Le genre : roman américain L'histoire : plusieurs jeunes filles d'une petite ville des Etats-Unis se retrouvent mères (ou enceintes) très jeunes, tandis qu'un couple et une jeune femme esseulée s'installent à proximité. Mon avis : bien. Ce roman propose toute une galerie de personnages dont on suit les histoires en parallèle jusqu'à se croiser. La narration est donc intéressante et bien menée. C'est aussi le tableau d'une certaine Amérique provinciale (des années 80, mais qui ne semble pas obsolète) et d'une jeunesse un peu perdue.

Souvenirs de la cour d'assises, d'André Gide

Le genre : compte rendu des affaires auxquelles André Gide a été confronté en tant que juré et analyse du fonctionnement de la justice. Mon avis : bof. Ce qui m'a étonnée d'abord, c'est la contradiction entre la préface - qui rend hommage aux acteurs du monde judiciaire - et la suite - où ces mêmes intervenants, le juge en particulier, sont dépeints sous un jour plutôt négatif. Ensuite, ce n'est pas tant le côté daté (1912) - car par bien des aspects le fonctionnement a changé, et par bien d'autres, non - qui a suscité ma déception, c'est plutôt le côté un peu disparate et un peu superficiel (pour peu que l'on se soit déjà intéressé aux questions que se pose Gide).

La Traque, de Herbert Lieberman

Le genre : roman américain sur les nazis réfugiés en Amérique du Sud après la guerre L'histoire : Grigori, ancien médecin nazi ayant commis des crimes atroces, a trouvé refuge au Paraguay, au milieu de la jungle. Il est traqué par des agents israéliens. Mon avis : Bien que le sujet soit intéressant et apparemment documenté tout en étant une fiction, j'ai eu du mal à suivre cette histoire. Peut-être justement parce qu'elle oscille entre documentaire et romanesque.

mercredi 24 août 2016

Lucy in the sky, de Pete Fromm

Le genre : roman américain sur l'adolescence et la famille L'histoire : Lucy a 14 ans et vit avec sa mère avec qui elle a une relation compliquée et un père absent qu'elle adore. Son seul lien véritable est avec un garçon de son âge, Kenny. Mon avis : très bien. L'histoire de cette jeune fille, de son éveil à l'amour, à la sexualité, de ses rapports avec ses parents, avec le monde, est très bien racontée, entre humour et tragique. Ce n'est pas du tout un roman pour adolescents bien que l'héroïne soit une adolescente.

mercredi 17 août 2016

La Nuit sera calme, de Romain Gary

Le genre : entretien de Romain Gary en 1974, alors âgé de 60 ans, avec un de ses vieux amis. Mon avis : excellent. Romain Gary revient sur son foisonnant parcours de diplomate, de journaliste, d'écrivain.Même si parfois je me suis un peu perdue dans les noms d'une époque un peu lointaine pour moi, beaucoup de ses propos sont brillants, très actuels, voire encore très novateurs quand il parle de féminité. Une lecture intelligente et passionnante. Extrait : “Il n’y a pas de démocratie, de valeurs concevables sans cette épreuve de l’irrespect, de la parodie, cette agression par la moquerie que la faiblesse fait constamment subir à la puissance pour s’assurer que celle-ci demeure humaine. Dès que la puissance cesse d’être humaine, elle interdit cette épreuve par le feu. [...] Les vraies valeurs résistent, les fausses se défendent par la censure, la prison, les hôpitaux psychiatriques...”

Le Prisonnier du ciel, de Carlos Ruiz Zafon

Le genre : roman d'aventures espagnol L'histoire : Daniel, libraire à Barcelone, reçoit la visite d'un personnage inquiétant, qui lui achète une édition rare et chère du Comte de Monte-Cristo, avec une étrange dédicace pour son ami Fermin. Mon avis : sympatoche. Cela se lit vite et agréablement, il y a un peu d'humour, un peu d'aventures, de romanesque à la "Papillon". De quoi passer un petit moment plaisant, ni plus ni moins.

Impurs, de David Vann

Le genre : roman américain sur la famille, la folie, l'argent. L'histoire : le jeune Galen vit seul avec sa mère. Il ne fréquente que sa tante, sa cousine provocante, et sa grand-mère riche et perdant la tête. Les rancoeurs accumulées entre les membres de cette famille finissent par éclater. Mon avis : c'est du David Vann, donc c'est très sombre. Pas d'espoir dans cette histoire tragique qui verse inéluctablement dans toujours plus de folie. Je ne peux pas dire que j'aie adoré.

Terroriste, de John Updike

Le genre : Roman américain sur la radicalisation islamiste aux Etats-Unis. L'histoire : Le personnage principal est un adolescent américain, fils unique d'une Irlandaise et d'un Arabe disparu de la circulation. Le garçon s'est réfugié dans l'Islam, dans des valeurs de pureté et un rejet de l'Amérique. Peu à peu, il infiltre un réseau radical. Mon avis : Je n'ai pas beaucoup aimé. J'ai eu du mal à me concentrer sur l'histoire, sur les personnages. Sur un sujet aussi brûlant, a posteriori, l'auteur ne fait pas preuve d'originalité en montrant un gentil jeune homme un peu paumé, pas mauvais bougre, idéaliste plutôt que méchant, victime de plus mauvaises personnes que lui.

jeudi 11 août 2016

Lectures en vrac, suite

Vernon Subutex 1 et 2, de Virginie Despentes. Très bon. J'ai relu le premier volume avant d'entamer le second et ce fut un plaisir. Moins pour pour l'histoire, que pour la verve dont l'auteur fait preuve. Virginie Despentes a l'art de la formule, de l'image qui saisit. Coeurs perdus en Atlantide, de Stephen King : sans intérêt. On suit tour à tour les destins de plusieurs personnages dans les années 60, dont l'un est côtoie le paranormal. Déjà oublié. L'Attentat de Sarajevo, de Georges Pérec : bof. C'est le premier roman achevé de l'auteur, resté inédit très longtemps. Une histoire d'amour sans grand intérêt, sans grande originalité, sans style significatif. La Nostalgie heureuse, d'Amélie Nothomb : ordinairement, c'est quand Amélie Nothomb parle d'elle-même que je la préfère. Ici, elle évoque son retour, après 16 ans, au Japon, à la faveur d'un documentaire qui lui est consacré. Cela se lit facilement, mais je n'y ai pas retrouvé l'ironie charmante, la distanciation, la précision, le pétillement stylistique. Décevant.

lundi 25 juillet 2016

Dernières lectures en vrac...

Tous les démons sont ici, de Craig Johnson : nouvelle aventure du shérif Longmire, assez singulière puisqu'elle est le récit d'une traque en solitaire dans la neige. J'ai eu du mal à accrocher. Baise-moi, de Virginie Despentes : pas beaucoup aimé. C'est trash, en effet, et pas dénué d'émotion ni d'intérêt mais je ne suis pas sûre que ce soit un roman qui cherche à être "aimé". Deep winter, de Samuel W. Gailey : très bon. Roman américain qui met en scène une galerie de personnages puissants et émouvants, qui parle de l'amour, de la société. Les Clefs du pouvoir sont dans la boîte à gants, de Frédéric Dard : peut-être un peu moins bon que Y a-t-il un Français dans la salle, mais des lignes fulgurantes de justesse, d'émotion, d'intelligence, notamment quand affleure l'auteur. C'est baroque (il le dit lui-même), truculent, désespéré, acide, foutraque, ridicule, et bien d'autres choses encore. Apocalypse, de Giacommetti et Ravenne. Da Vinci Code à la française, pas très bon. Le Coup de vague, de Georges Simenon : l'histoire ordinaire et triste d'un jeune homme embarqué malgré lui dans l'histoire d'un village et de ses secrets de famille. Une belle écriture.

mercredi 1 juin 2016

Landfall, d'Ellen Urbani

Le genre : roman américain sur la famille et la relation mère-fille en particulier L'histoire : en 2005, au lendemain du passage de l'ouragan, Une mère et sa fille partent pour la Nouvelle-Orléans pour aider les sinistrés mais en chemin un accident conduit à la mort de la mère et d'une inconnue que leur voiture a percutée. Mon avis : bien. La narration est très bien menée puisqu'on suit les destins des deux mères-filles, en même temps qu'on remonte le temps. Cette histoire en dit long sur les différents liens qui peuvent exister entre une mère et sa fille et c'est aussi un regard sur l'ouragan Katrina et ce qui s'est passé à La Nouvelle-Orléans.

La dernière séance, de Larry McMurtry

Le genre : roman américain sur la jeunesse dans une petite ville du Texas dans les années 50 L'histoire : Duane et Sonny, la vingtaine, sont deux copains qui vivent entre petits boulots et aspirations à l'amour dans un univers pauvre et étroit. Mon avis : très bien. Cette chronique d'une jeunesse a quelque chose de très ordinaire, comme un tableau d'une époque et d'un petit endroit du globe. Mais c'est aussi une histoire pleine d'émotions, grâce aux personnages qui, les principaux comme les secondaires, ont une vraie épaisseur dans leurs demi-teintes, dans leurs fêlures.

mardi 31 mai 2016

Y a-t-il un Français dans la salle ? de Frédéric Dard / San-Antonio

Le genre : roman français sur l'amour et la politique L'histoire : le Président Tumelat est un homme politique français puissant et sans scrupule. La mort de son oncle et l'héritage qu'il lui laisse menace sa position. Mon avis : excellent. C'est magistralement écrit, avec toute la verve des San Antonio et son génie de la comparaison et de la description, mais cette fois avec une histoire beaucoup plus ambitieuse sur l'amour et le pouvoir. Le roman est ainsi grave, voire dur, et intelligent, tout en étant drôle. Et il y a des étranges passages où l'auteur parle de lui et c'est proche du désespoir. Unique en son genre.

Barouf, De Max Obione

Le genre : roman policier français L'histoire : le journaliste havrais Bob Mougin enquête sur le parc éolien qui devrait s'installer dans la région de Fécamp et auquel s'oppose une poignée de locaux. Mon avis : sympathique. L'écriture est vive, rigolote, le personnage central attachant et le point de vue sur l'éolien atypique. Sous ses dehors légers, on apprend dans ce petit livre deux trois trucs sur l'énergie hydrolienne...

mercredi 18 mai 2016

En l'absence de Blanca, d'Antonio Munoz Molina

Le genre : roman d'amour espagnol L'histoire : Mario, un personnage plutôt terne, est fou amoureux de Blanca, une femme extravagante à la vie turbulente, qu'il parvient à épouser. Mon avis : bien. C'est le récit d'un amour absolu et donc tragique, ce qui est sans surprise, narré d'une façon élégante, avec des va-et-vient entre passé et présent. Je ne suis pas sûre de le garder longtemps en mémoire ni de l'avoir trouvé vraiment original mais j'ai bien aimé.

Poison city, de Tetsuya Tsutsui (2 tomes)

Le genre : manga japonais sur la censure de l'Etat L'histoire : un jeune mangaka est confronté avec son éditeur à la commission de censure récemment instituée au Japon, qui évalue la nocivité auprès de la jeunesse. Mon avis : très, très bien. C'est très finement raconté : on voit comment insidieusement, et sous des dehors bien pensants, une censure (à laquelle l'auteur a réellement été confrontée) peut s'opérer et faire des ravages. Ce n'est pas manichéen, mais au contraire riche de questionnements et d'alertes sur le monde dans lequel nous vivons et dans lequel nous choisissons de vivre. Je me mets au manga !

lundi 9 mai 2016

Le Gourmet solitaire, de Taniguchi et Kusumi

Le genre : manga japonais culinaire L'histoire : un homme erre dans Tokyo pour son travail et s'arrête pour déguster divers plats. Mon avis : super ! Et alléchant ! On découvre des plats, de recettes, presque des saveurs à suivre le parcours du personnage. Ce livre met l'eau à la bouche...

Certaines n'avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka

Le genre : récit historique américain L'histoire : des Japonaises ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour se marier avec des compatriotes émigrés qu'elles partent retrouver en Amérique. Mon avis : bof. L'histoire, peu connue, dure et émouvante de ces femmes confrontées à la désillusion la plus cruelle, est intéressante mais le style (et/ou la traduction ?) n'accroche pas. L'auteur a en effet choisi le "nous" ou "elles" tout au long du récit, afin d'évoquer la pluralité des histoires et des témoignages recueillis sur la vie de ces femmes, sans s'attacher à un destin en particulier. Du coup, on se perd un peu.

30 ans célibataire un enfant permis B, d'Isaac Frelon

Le genre : récit semi-autobiographique d'un jeune homme en proie à ses errements sexuels et amoureux Mon avis : sympa. Je ne suis pas fan des récits qui tournent autour du nombril de celui qui écrit, mais tout l'intérêt de celui-ci est dans le style. L'auteur a l'art de la formule ! C'est plein d'auto-dérision et de cynisme.

Vous n'aurez pas ma haine, d'Antoine Leiris

Le genre : récit autobiographique L'histoire : l'auteur raconte sa soirée et les jours qui ont suivi les attentats de novembre dernier à Paris, au cours desquels sa femme a trouvé la mort. Mon avis : bouleversant. Le sujet l'est en soi, certes, mais l'auteur livre ce récit d'une façon pudique et crue en même temps, qui donne un peu à comprendre de l'intérieur ce que sont aussi ces actes de terrorisme pour les proches. A lire.