samedi 31 octobre 2009

Les Thibault, de Roger Martin du Gard


Le genre : saga familiale, bourgeoise, parisienne, psychologique.

L'histoire : dans les années 20, à Paris, les errements de deux frères, Antoine et Jacques Thibault, ainsi que de Daniel de Fontanin, ami de ce dernier.

Mon avis : Si je n'ai pas accroché, c'est parce que je ne suis pas parvenue à croire aux personnages : moins qu'un point de vue omniscient, on a plutôt le sentiment d'une succession de focalisations internes, et ne pas savoir qui est le personnage principal m'a gênée, d'autant que le récit est très psychologique. D'autre part, les personnages sont difficiles à cerner, changeants et m'ont donc peu touchée. Antoine, médecin grand frère protecteur, apparaît tour à tour sensible et prétentieux, généreux et aveugle. Jacques le petit frère neurasthénique, fou d'amour pour son ami, plein de fougue, devient muet et amoureux de la solitude quand il se fait enfermer en pension par son père, sombre et versatile quand il en sort. Daniel, le grand ami, devient un dandy. De même, les relations entre les personnages s'estompent sans que l'on sache pourquoi, et d'autres personnages prennent une importance sporadique.
De cette grande saga, je viens de terminer les trois premiers épisodes, et je vais m'arrêter là !

vendredi 30 octobre 2009

Métaphysique des tubes, d'Amélie Nothomb


Dans notre pays pétri de prétention, aimer la littérature et aimer les livres d'Amélie Nothomb est antinomique. Pourtant, Métaphysique des tubes est un pur délice ! Cette pseudo-autobiographie dans laquelle l'auteure prétend raconter sa vie entre 0 et 3 ans, période pendant laquelle elle se serait prise pour Dieu, est pleine d'humour, de finesse, d'auto-dérision, et de poésie. En outre, on y perçoit un peu du Japon, où Amélie Nothomb a vraiment passé les premières années de sa vie, avec le regard naïf d'un enfant, et cela a aussi largement contribué au plaisir de ma lecture.

mercredi 28 octobre 2009

Des Fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes


Voilà un gentil roman de science-fiction, lisible à l'adolescence, mais qui a de quoi séduire les adultes aussi ! C'est l'histoire d'un simple d'esprit, dans une époque proche de notre avenir, que l'on convaint de tenter une expérience scientifique destinée à le rendre plus intelligent. On assiste à l'évolution du garçon, grâce au journal intime qu'il écrit : plein de fôttes, un style enfantin, un regard naïf sur le monde, son récit reflète peu à peu l'évolution de son esprit à la suite de son expérience. Mais bien évidemment, tout ne se passe aussi bien que prévu...

dimanche 25 octobre 2009

Le Dahlia noir, de James Ellroy


J'ai découvert James Ellroy et Le Dahlia noir à une époque où je ne lisais pas encore de polars. C'en est un d'un genre particulier, mais sans doute est-ce par là que j'ai compris la noblesse possible de ce genre, sa profondeur.
Je me souviens encore du copain qui me l'avait prêté, avec des recommandations : il faut quelques dizaines de pages pour se mettre dedans mais après attention, à ne pas lire d'une traite, ça met dans un état second... De fait. Immersion totale, grand trouble, découverte d'un monde noir et ambigu, brutal, complexe et subtil... Au-delà de l'aspect strictement policier, j'ai aimé, et je l'ai retrouvé dans trilogie Lloyd Hopkins plus tard, le fait que les gentils avaient aussi leur part d'ombre, et que le monde du polar n'était pas manichéen !
Le Dahlia noir fait partie de ces livres que je voudrais redécouvrir comme la première fois parce qu'ils ont été une vraie révélation. J'ai presque tout lu de James Ellroy après celui-là, mais rien n'a valu ce premier contact ; j'ai même été déçu en en relisant certains. Mais en plus quand on sait que ce roman est tiré de l'histoire vraie de l'auteur (son autobiographie, Ma Part d'ombre, est bouleversante), on ne peut que sortir marqué de cette lecture.

samedi 24 octobre 2009

Une Saison blanche et sèche, d'André Brink


Ce roman qui date de 1979 raconte l'histoire d'un sud-africain, blanc, qui se rend compte peu à peu de l'horreur de l'Apartheid dans son pays. Au-delà de l'aspect historique, qui fait vivre de l'intérieur une histoire que l'on croit plus ou moins connaître, le personnage central de l'histoire est à mon avis ce qui fait l'immense valeur de ce livre.
Ce professeur qui mène une vie tranquille et privilégiée sans se poser de questions se retrouve confronté à l'injustice ; et tout le récit narre comment il ne peut pas ne pas s'impliquer, s'engager. Sorte de héros malgré lui, simplement parce qu'il veut pouvoir se regarder dans une glace, il est amené presque malgré lui à prendre des risques pour sa vie, à perdre son travail, à rompre avec sa famille, etc. Ce roman est certes un roman sur l'Apartheid, mais aussi sur l'honnêteté vis-à-vis de soi-même.

vendredi 23 octobre 2009

L'Assommoir, d'Emile Zola


Il m'a fallu du temps, pour de piètres raisons, pour me mettre à lecture de cet immense classique. Quelle claque ! Histoire atroce, bouleversante, effroyablement réaliste... On n'est pas dans le mélodramatique, on est dans l'immersion d'un milieu et d'une époque, comme un immense tableau vivant riche de détails, au travers du destin d'une femme, Gervaise, dans le Paris ouvrier de la deuxième moitié du XIXe s.
Je ne vais pas prétendre faire la critique de ce monument littéraire qui ne m'a pas attendue pour l'être ! Un peu comme quand j'ai vu de mes yeux le David de Michel-Ange à Florence, ai-je pris conscience profondément d'être en face d'un pur, parfait, total chef-d'oeuvre, sans qu'il soit possible de l'expliquer sans le réduire.

jeudi 22 octobre 2009

Le Clan des Otori, de Lian Hearn


Le genre : roman d'aventures semi-fantastique, dans le Japon mythique du XIVe s. 5 tomes.

L'intrigue : le héros principal, Takeo, est au départ un jeune paysan sauvé in extremis du massacre de son village par un seigneur, auprès duquel il va se découvrir des pouvoirs, mais aussi un rôle dans des luttes de pouvoir.

Mon avis : à dévorer en vacances ! Si la série s'essouffle vers la fin, il n'en reste pas moins que j'ai adoré surtout le contexte qui est décrit : on découvre le Japon médiéval, (malgré l'aspect fantastique du roman), ses rites, ses valeurs, sa beauté... Si l'écriture n'est sans doute pas très originale, ni la psychologie des personnages, l'ambiance (re)créée est passionnante pour qui s'intéresse au Japon. Et les aventures ne manquent ni de péripéties, de suspense, d'amours-trahisons-exploits-énigmes,etc... tous les ingrédients du roman d'aventures y sont !