mercredi 29 août 2012

Bye Bye Blondie, de Virgine Despentes

Le genre : roman français sur la folie, la jeunesse, l'amour. L'histoire : Gloria est une paumée sujette à de fréquentes crises de violence qui lui ont valu un séjour à l'HP quand elle avait 15 ans. Elle n'en est jamais vraiment sortie, d'autant qu'elle y a rencontré son premier grand amour et celui qui lui a brisé le cœur et les ailes. Quinze ans après leur séparation, ils se retrouvent. Mon avis : je crois qu'Apocalypse bébé reste pour l'instant mon roman préféré de Virginie Despentes mais celui-ci a une sorte d'énergie désespérée qui m'a également touchée. Tout repose sur le personnage pathétique et attachant de Gloria, aussi dur que fragile. C'est un très beau personnage je dirais. Et ce mélange de violence, de désespoir, d'ironie et de tendresse, est véritablement un cocktail atypique, réussi et terriblement efficace.

Le Chinois, de Henning Mankell

Le genre : policier suédois L'histoire : dans un minuscule hameau du Suède, quasiment tous les habitants sont retrouvés assassinés. Une policière coordonne l'enquête tandis que de son côté, une juge, parente éloignée d'une des victimes, se met elle aussi sur la trace du meurtrier. Mon avis : même si le commissaire Wallander continue à manquer, on est dans de l'excellent policier. Ce pavé se lit sans ennui et sans lassitude, avec l'avantage particulier de nous faire revisiter certaines pages de l'histoire de la Chine et des Etats-Unis, loin des clichés habituels.

dimanche 26 août 2012

Sévère, de Régis Jauffret

Le genre : roman français sur le pouvoir et le sexe. L'histoire : la narratrice est l'amante d'un puissant magnat français, qu'elle tue. Le récit mêle plusieurs époques : avant le meurtre, et après. Mon avis : le roman est précédé d'une belle préface de l'auteur sur les liens entre fiction et réalité. Car son roman est à l'origine tiré de l'affaire Stern. Je ne m'en souviens pas et cela n'a pas influencé ma lecture. Je n'ai pas aimé : trop sordide à mon goût. Amour et perversité sexuelle sont le thème du roman. Si le message du récit est que les deux sont compatibles, je veux bien le croire, mais ce n'est pas cette histoire qui m'en aura convaincue. Je crois que cela se voudrait émouvant, mais cela ne m'a pas émue. Certaines laideurs restent seulement laides. On est loin de "La Charogne" de Baudelaire ou des Chants de Maldoror.

Talking Through My Hats, de Lilly Daché (VO)

Le genre : autobiographie L'histoire : Lilly Daché, venue depuis la France à New York avec 13 dollars dans les années 20, est devenue une des plus célèbres fabricantes de chapeaux. Elle raconte son parcours jusqu'au milieu des années 50, date de la publication de ce livre, alors qu'elle au sommet de sa gloire. Mon avis : j'étais impatiente de lire cette histoire puisqu'il s'agit de ma grand-tante, dont je me souviens un peu et donc le destin m'a fascinée. Son livre dresse le tableau d'une époque, d'une civilisation et d'un rapport à la mode féminine, et son destin incarne parfaitement le mythe du "rêve américain" puisque partie de rien, elle a fait fortune jusqu'à faire construire son propre building près de Park Avenue. Je dois avouer néanmoins que le listing des célébrités qu'elle a fréquentées et nombre de pages sur les chapeaux m'ont un peu lassées. Il y a quelque chose de très démodé dans sa vision du monde et des femmes, mais, outre l'intérêt personnel que je porte à son histoire, c'est un témoignage intéressant sur le New York des années 20 à 50. Figure également dans les dernières pages le récit assez émouvant de son retour à Paris en 1945, tout juste libéré.

samedi 25 août 2012

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Le genre : roman épistolaire américain sur la littérature, l'amour, la guerre. L'histoire : juste après la guerre, Juliet, une jeune auteure anglaise un peu fantasque cherche un sujet de livre et entre en contact avec une petite communauté rurale sur l'île de Guernesey qui forme un cercle littéraire. Mon avis : très bien. J'ai failli abandonner au bout d'une cinquantaine de pages, je trouvais cela un peu superficiel. Puis je l'ai repris et finalement je me suis pris au ton et à l'histoire. C'est à la fois drôle et émouvant. Et si ce n'est pas hyper fin, c'est en tout cas très plaisant et j'ai passé un excellent moment. Les personnages sont hauts en couleurs, le registre est souvent drôle, et les idées défendues inattaquables. Il y a finalement un peu quelque chose d'un conte de fées moderne dans cette histoire. Cela fait du bien par où ça passe.

King Kong théorie, de Virginie Despentes

Le genre : essai sur la condition de la femme aujourd'hui Mon avis : excellent. Au travers de thèmes précis (la prostitution, le viol, le porno...), Virginie Despentes livre ses réflexions sur les conditions de la femme. Elle livre beaucoup d'elle-même, de façon assez émouvante, mais sans réduire sa réflexion à son propre cas. C'est intelligent, et vivifiant. On n'est pas forcément d'accord, le plus grand mérite de ce petit livre c'est de remettre bien des idées reçues en perspective et d'inciter à se poser des questions. A lire et à relire.

dimanche 19 août 2012

1Q84 Livre 2, de Haruki Murakami

Le genre : roman japonais L'histoire : on continue à suivre les destins (qui se rapprochent) d'Aomamé la tueuse et de Tengo l'écrivain-nègre. Mon avis : une fois que l'on a accepté l'idée que les thèmes abordés par Murakami étaient entre autres les sectes et la pédophilie, et qu'on s'est accoutumé à la tueuse froide (c'est-à-dire en gros à tout ce à quoi on n'est pas vraiment habitué, si tant est qu'on puisse l'être par quelque chose chez Murakami), ce roman se poursuit sans déplaisir. Mon impression générale reste cependant la même : il n'y pas là la délicatesse magique qui règne dans d'autres de ses romans.